Via Mare : Un projet européen pour relancer l’emploi en Corse et au-delà

Le programme européen Via Mare a été officiellement lancé ce mardi 23 septembre à l’Institut Méditerranéen de Formation (IMF) de Borgo, sous l’égide de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Corse. L’initiative vise à créer un marché du travail transfrontalier entre la Corse et cinq régions méditerranéennes — Ligurie, Toscane, Sardaigne, région Sud et la Corse elle-même — dans le cadre d’un programme de coopération transfrontalière Italie-France Marittimo 2021-2027. Financé à hauteur de 5,1 millions d’euros (80 % via le Fonds Européen de Développement Régional), ce projet s’inscrit dans la continuité du projet Mare (2019-2023) et entend renforcer les réseaux d’acteurs de l’emploi, favoriser la mobilité professionnelle entre les régions partenaires et valoriser l’attractivité des territoires.

Jean Dominici, président de la CCI de Corse, a souligné que Via Mare est un « symbole de la coopération méditerranéenne », destiné à accompagner les entreprises, préparer l’avenir des jeunes et donner une cohérence accrue aux actions pour l’emploi. Pascal Agostini, directeur de l’enseignement et de la formation de la CCI, a ajouté que le projet vise à « construire un outil utile et ambitieux ».

L’objectif principal est d’atténuer les déséquilibres professionnels entre les régions : certains métiers sont en tension en Corse, mais non dans la Ligurie ou inversement. Pour y remédier, des « Mare Labs » seront créés pour réunir les acteurs de l’emploi et de l’entrepreneuriat, tandis que la plateforme Corse Emploi sera renforcée par un système d’intelligence artificielle qui matchinge les compétences plutôt que les métiers. Cependant, malgré ces efforts, le projet soulève des inquiétudes sur l’efficacité de la coopération transfrontalière et l’incapacité du gouvernement français à résoudre les crises économiques locales, aggravées par une stagnation persistante et un manque d’innovation.

La CCI de Corse a également annoncé des initiatives pour attirer les jeunes sur l’île, mais ces mesures restent vagues face aux besoins urgents du territoire. L’initiative européenne, bien que louable dans son objectif, semble négliger les racines profondes de la crise économique française, où l’absence de réformes structurelles et le manque d’investissements ont exacerbé les difficultés des régions périphériques.