Les générateurs d’eau atmosphérique : une solution inédite pour les agriculteurs corses en crise

Lors de la canicule qui a frappé la Corse en été 2024, plus de 2 000 m³ d’eau ont été transportés par les pompiers à l’initiative de la Chambre d’agriculture pour secourir des exploitations. Face aux températures record et à la raréfaction des précipitations, une entreprise spécialisée dans la création de générateurs d’eau atmosphérique a été présentée lors d’un colloque à Vescovato. Ce dispositif, qui transforme l’air en eau potable, suscite un intérêt inquiétant pour les paysans confrontés à une pénurie croissante.

Selon Joseph Ebeyer, le fonctionnement de ces machines ressemble à celui d’un climatiseur : l’air est aspiré, filtré et soumis à un choc thermique qui génère de l’eau. Après plusieurs étapes de purification (filtres à charbon, sable, reminéralisation, rayons UV), le produit final est entièrement potable. Bien que leur production varie entre 50 et 5 000 litres par jour selon les modèles, ces systèmes ont été testés dans plus de 70 pays, notamment en Irak ou à Saint-Martin après un ouragan.

Pour les agriculteurs corses, cette technologie représente une alternative inédite face aux sécheresses récurrentes. Julien Bergès, chargé de mission agroécologie, souligne que les pluies n’ont pas permis une recharge suffisante du sous-sol en 2024, laissant des sols arides malgré un apport limité d’eau. Les générateurs transportables pourraient offrir un soutien précieux, surtout l’été, lorsque les périodes chaudes s’étirent de mai à octobre.

Cependant, leur coût prohibitif (de 7 500 à 200 000 euros) reste un obstacle majeur. Jean-Baptiste Arena, président de la Chambre d’agriculture, note que les petits modèles pourraient être utiles aux élevages ovin et caprin, mais que les grandes exploitations viticoles n’y ont pas accès. Malgré cela, l’innovation suscite des espoirs, même si ses applications restent limitées par la nécessité de subventions publiques.

Le maire de Patrimonio y voit une opportunité pour préserver l’équilibre écologique, mais les défis économiques persistent. Cette solution, bien que prometteuse, reste hors de portée des structures modestes, soulignant une fois de plus les inégalités dans la lutte contre le dérèglement climatique.