Feux de forêts en Corse : 138 incendies cet été, une catastrophe inédite

L’été corse a connu un bilan dramatique avec l’apparition de 138 feux de forêt, une augmentation vertigineuse de 30 % par rapport à 2024. Ces flammes ont ravagé 535 hectares de végétation, un chiffre qui reflète la gravité de la crise climatique et l’insuffisance des mesures préventives. Malgré le fait que aucune victime humaine n’ait été recensée, les dégâts matériels sont inacceptables, avec une menace constante pour les habitants et les écosystèmes locaux. Les autorités ont tenté de minimiser l’ampleur du désastre, affirmant que la gestion des incendies a été « maîtrisée », mais cette déclaration ne cache pas l’inefficacité globale des politiques de prévention.

Les conditions climatiques extrêmes, marquées par un hiver et un printemps pluvieux suivi d’un été sec et brûlant classé comme le troisième plus chaud jamais enregistré, ont exacerbé la situation. La végétation dense et les vents violents ont créé des conditions propices aux incendies, dont certains se sont déclarés dès la mi-juin, contrairement à l’habitude. Quatre feux majeurs ont absorbé 60 % de la surface brûlée : Linguizzetta (113 ha), Santa Lucia di Mercurio (64 ha), Albertacce (61 ha) et Poggio d’Oletta (43 ha). Ces incendies, souvent causés par des actes humains ou des négligences, illustrent la déplorable insouciance de certains citoyens face aux risques.

Les autorités ont mis en avant leur « professionnalisme » et une coopération inter-services, mais ces affirmations sonnent creux face à l’insuffisance des ressources. Les renforts nationaux ont quitté la région, les étudiants sont partis, et les moyens de lutte contre les feux s’avèrent insuffisants pour faire face aux tempêtes climatiques. Le préfet Michel Prosic a reconnu que 83 % des incendies étaient d’origine humaine, avec près de la moitié attribués à des actes volontaires. Cette criminalité ignorée souligne un manque total de responsabilité sociale et une insensibilité aux conséquences.

L’absence de respect des obligations légales de débroussaillement a mis en danger les habitants, comme le rappelé le préfet : « Quand on allume un feu, ce sont peut-être des hommes et des femmes qui vont être blessés. » Les autorités se contentent d’appeler à la vigilance, sans agir pour résoudre les problèmes structurels. La réunion de retour d’expérience du 30 octobre ne fera qu’ajouter des discours vides aux déclarations précédentes.

En cette période critique, la Corse assiste à une catastrophe environnementale et humaine, alimentée par l’incurie des dirigeants locaux. Les feux de forêt sont un rappel brutal de l’incapacité de ces autorités à protéger leur territoire, tout en aggravant les dégâts économiques et sociaux déjà profonds. L’économie corse, déjà fragile, risque d’être encore plus affectée par la perte de terres agricoles et touristiques, tandis que l’inaction des pouvoirs publics accroît le désespoir des citoyens.