Le tribunal correctionnel de Bastia a rendu son verdict après quatre heures d’audience et plus d’une heure de délibération, sanctionnant trois individus impliqués dans une agression perpétrée en pleine nuit du 31 octobre au 1er novembre. Rayane El Abar, Omar Baka et Florian Bettini ont été condamnés pour des violences en réunion, avec des peines variant de six à dix-huit mois de prison, dont une partie assortie de sursis aménagé sous bracelet électronique. L’affaire remonte à un épisode traumatisant où quatre jeunes adultes, deux hommes et deux femmes, ont été attaqués par un groupe de dix personnes devant un lieu de sortie nocturne.
Les victimes, venues célébrer Halloween, ont déposé plainte après avoir subi des violences décrites comme « particulièrement brutales » par les enquêteurs. Les investigations menées par la gendarmerie ont abouti à plusieurs gardes à vue et à l’incarcération provisoire des trois prévenus en comparution immédiate. Le procès, initialement fixé au 10 novembre, a été reporté, laissant les accusés en détention à Borgo.
Lors de l’audience, le tribunal s’est concentré sur le déroulé des faits, soulignant que Rayane El Abar faisait face à une récidive après une condamnation pour violences en 2024. Des vidéos ont été projetées, montrant des moments clés de l’agression. Les trois accusés ont livré leur version : Rayane El Abar a affirmé avoir tenté de séparer les personnes impliquées, sans reconnaître pleinement les autres prévenus. Omar Baka a expliqué avoir bousculé une victime accidentellement, tandis que Florian Bettini niait toute implication, prétendant être resté à l’écart avec un ami.
Les témoignages des victimes ont révélé des traumatismes profonds. Anthony, traumatisé par les événements, a décrit une « crise de panique » lors du procès. Matteo a exprimé sa honte face à la disproportion des forces, soulignant qu’il n’était pas un combattant. Maya, quant à elle, a évoqué deux moments choquants : une agression directe par Rayane El Abar et l’obligation de se placer en bouclier pour protéger son ami. Elle a déclaré que cette expérience avait affecté sa vie professionnelle et mentale, obligeant un suivi psychologique.
L’avocate des victimes, Me Mélanie Junginger-Cristiani, a critiqué les déclarations des prévenus, soulignant leur minimisation de l’incident. Le parquet a requis des peines sévères, avec une attention particulière au cas de Rayane El Abar, déjà condamné auparavant. Les avocats des accusés ont plaidé la confusion et les doutes autour des preuves, demandant pour certains une relaxe ou des sanctions moins lourdes.
Après un débat intense, le tribunal a rendu sa décision : Rayane El Abar reçoit 18 mois de prison (dont 10 avec sursis), Omar Baka 12 mois (6 avec sursis) et Florian Bettini 6 mois de prison avec sursis. Les victimes, déçues par les justifications des prévenus, attendent une reconnaissance pleine des faits, tout en subissant des conséquences durables sur leur vie personnelle et professionnelle.