L’île de Corse connaît un pic sans précédent d’afflux de nouvelles personnes, selon les données récentes publiées par l’Insee. Au 1er janvier 2023, la population insulaire s’établit à 355 486 habitants, une hausse de 20 548 individus depuis 2017. Ce rythme de croissance annuelle de 1 % place l’île en tête des régions métropolitaines, dépassant largement la moyenne nationale qui se situe à 0,4 %. Cependant, cette évolution n’est pas due à une amélioration naturelle de la démographie, mais uniquement au flux migratoire.
Le département de la Corse-du-Sud affiche le plus fort taux d’accroissement, avec 11 057 résidents supplémentaires (une croissance annuelle moyenne de 1,1 %), tandis que la Haute-Corse voit sa population augmenter de 9 491 personnes (0,9 % par an). Ces chiffres positionnent la Corse-du-Sud au quatrième rang national des départements les plus dynamiques, derrière la Guyane, la Haute-Garonne et l’Hérault. En revanche, la Haute-Corse se classe 13e pour son rythme d’évolution.
Bastia et Ajaccio rassemblent un tiers de la population insulaire, mais leur dynamisme diffère. Ajaccio, avec ses 76 320 habitants, progresse à un rythme de 1,3 % par an, stimulant les communes environnantes comme Grosseto-Prugna (+3,8 %) ou Pietrosella (+3,5 %). Bastia, quant à elle, se stabilise à 48 867 habitants avec une croissance modeste de 0,4 %. Selon Arnaud Huyssen, responsable du projet Insee Corse, cette stagnation est liée aux limites géographiques de la ville.
Des communes comme Borgo (+2,8 %) ou Lucciana (+3,1 %) bénéficient d’une croissance spectaculaire, tandis que Cargèse subit un recul de 2,3 %. Les villes du centre de l’île, éloignées des pôles économiques de Bastia et Ajaccio, stagnent ou régressent. Cette disparité reflète une concentration économique croissante autour des deux principales villes, accentuant les inégalités régionales.
L’explication principale de cette augmentation repose sur un solde migratoire positif de 1,2 % entre 2017 et 2023 (plus de 4 000 personnes par an), alors que le solde naturel reste légèrement négatif (-0,2 %). Cette tendance place la Corse en tête des régions métropolitaines pour sa dynamique d’expansion. Au niveau national, la Guyane, avec une population plus jeune et un solde naturel croissant, représente le modèle le plus rapide de développement.
Cependant, cette croissance inégale soulève des questions sur l’équilibre territorial et les capacités d’intégration des nouveaux résidents. L’île, bien qu’attirante, doit faire face à la pression démographique sans réelle amélioration de sa structure naturelle.