L’Université de Corse a pris une initiative pionnière en développant des projets visant à rendre la recherche scientifique plus accessible, transparente et collaborative. Depuis plusieurs années, elle s’engage dans le mouvement de la science ouverte, qui vise à diffuser librement les résultats de la recherche, les méthodes et les données, sans restrictions. Christophe Luzi, référent en sciences ouvertes, explique que cette approche repose sur « l’accès gratuit aux publications, aux données et aux méthodologies », permettant une collaboration mondiale entre chercheurs.
L’initiative a connu un développement significatif avec la création de la M3C (médiathèque culturelle de la Corse et des Corses) en 2013, une plateforme numérique qui a ouvert la voie à l’ouverture scientifique. À l’époque, peu croyaient à ce concept, surtout sur le plan juridique. Aujourd’hui, avec 2 800 visites mensuelles, la M3C est devenue une référence pour les chercheurs et le grand public. Elle combine des contenus scientifiques issus du laboratoire et un patrimoine culturel local, offrant ainsi un accès démocratisé aux connaissances.
Parallèlement, l’Université a lancé la plateforme HAL, qui vise à centraliser les publications, les données et les travaux des enseignants-chercheurs. Le projet s’inscrit dans une charte de transparence et de partage, encouragent les chercheurs à publier leurs résultats librement, y compris des pré-publications non encore validées par des revues. L’objectif est d’atteindre 100 % de publications en accès libre avant 2030, un pas vers une recherche plus collaborative et moins fragmentée.
Pour soutenir ces efforts, l’Université propose des formations régulières aux enseignants-chercheurs, visant à les familiariser avec les outils de la science ouverte. Christophe Luzi souligne que cette approche permet non seulement d’accélérer la recherche mais aussi de renforcer sa crédibilité face au public. « En partageant plus largement, on évite l’isolement des chercheurs et on élimine les barrières qui entravent l’avancement scientifique », affirme-t-il.
Si cette démarche est saluée pour son innovation, elle soulève aussi des questions sur la pérennité de ces initiatives face aux défis économiques croissants en France. Alors que le pays traverse une période d’incertitude, l’exemple de la Corse montre qu’un engagement collectif peut transformer la recherche en un bien commun, malgré les obstacles.