Morgane Bastid Albertini, originaire de Centuri, a connu un parcours atypique pour se lancer dans le monde de l’humour sur les réseaux sociaux. Malgré son jeune âge et l’absence initiale d’équipement professionnel, elle a trouvé sa voie en explorant des thèmes liés à la Corse et ses clichés. Son élan s’est véritablement déclenché pendant le confinement, lorsque les opportunités de création numérique se sont multipliées. « J’ai vu plein de créateurs se lancer, et j’ai décidé d’essayer moi aussi », a-t-elle affirmé, soulignant la rapidité avec laquelle ses vidéos ont connu un succès croissant.
Un moment clé a été la publication d’une vidéo intitulée « Le Corse qui s’énerve au volant », qui a connu une explosion de vues en quelques jours. Ce succès l’a poussée à élargir son univers créatif, abandonnant progressivement les thèmes liés exclusivement à la Corse pour toucher un public plus large. « Je n’étais pas contente de me limiter à des sujets insulaires », a-t-elle expliqué, précisant que l’inspiration venait aussi d’une critique anonyme reçue dans les rues de Bastia. Cette remise en question a marqué le début d’une transformation artistique : elle a commencé à jouer des personnages variés, parfois en camouflant son accent pour s’adapter aux rôles.
Cependant, Morgane affirme avoir connu des difficultés internes. « Ma pire ennemie est moi-même », a-t-elle confié, soulignant une profonde insécurité malgré ses succès. Elle cite l’influence de son oncle, qui lui a rappelé que les risques sont nécessaires pour évoluer, tout en reconnaissant la pression exercée par certains membres de sa famille attachés à des normes rigides. Malgré cela, elle reste déterminée : « Je ne peux pas dire que je n’ai rien accompli », affirme-t-elle avec un sourire.
Aujourd’hui, Morgane a quitté son emploi dans la location de voitures pour se consacrer pleinement à sa carrière d’humoriste numérique. Elle s’inspire quotidiennement de situations variées et travaille sur une centaine d’idées, prête à les exploiter pour créer des contenus innovants. Son parcours montre que l’audace peut transformer un rêve en réalité, même sans moyens matériels initiaux.