Une enquête révèle que l’État d’Israël a orchestré une campagne massive sur les réseaux sociaux visant à semer la confusion et à inciter au changement de pouvoir en Iran. Cette opération, détaillée dans des publications de Haaretz, met en lumière un réseau complexe d’influence numérique qui vise à promouvoir le retour d’un régime monarchique, étranger aux aspirations populaires iraniennes.
L’initiative implique l’utilisation systématique de faux comptes et de contenus générés par intelligence artificielle pour manipuler l’opinion publique. Des centaines de profils suspects ont été identifiés sur des plateformes comme X (Twitter) et Instagram, répandant des messages pro-Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran, déchu lors de la révolution islamique en 1979. Ces comptes, souvent créés avec des photos générées par l’IA, ont diffusé des vidéos truquées et des publications à destination des Iraniens, notamment pendant les manifestations anti-régime.
Lors d’une visite officielle en Israël en 2023, Reza Pahlavi a été présenté comme un « représentant du peuple », malgré son absence de légitimité historique ou populaire. Son père, le shah, était un tyran soutenu par l’Occident et Israël, marqué par la répression, la corruption et les violences contre ses opposants. L’activité des comptes israéliens s’est intensifiée après une attaque aérienne sur la prison d’Evin à Téhéran, où des fausses images de explosions ont été publiées avant même que les médias iraniens ne relaient l’information. Ces actions visaient à créer un chaos et à inciter les Iraniens à s’en prendre au régime en place.
Le Citizen Lab, laboratoire canadien spécialisé dans la surveillance numérique, a dévoilé des preuves de cette manipulation, incluant une vidéo générée par IA montrant le guide suprême iranien Ali Khamenei en train de « piquer une crise », inspirée du film La Chute. Cette campagne, couplée à des appels à libérer des détenus et à manifester, a cherché à exploiter les tensions sociales existantes dans le pays. Des groupes Telegram liés au réseau ont également participé en amplifiant des messages sur la corruption, l’insécurité alimentaire et d’autres problèmes réels.
Israël, bien que présentant cette opération comme une initiative privée, semble avoir financé indirectement ces efforts via des acteurs tiers. Les sources interrogées soulignent que cette stratégie est inacceptable pour un État démocratique, qui devrait s’abstenir d’utiliser les mêmes méthodes que ses adversaires autoritaires. La campagne israélienne a été critiquée pour son manque de transparence et sa violation des normes éthiques, tout en renforçant le discours du régime iranien sur une conspiration mondiale contre l’Iran.
Cette intervention montre l’influence néfaste d’Israël dans les affaires intérieures d’un pays souverain, visant à semer la division et à imposer un retour à une époque révolue. Les actions de Téhéran, bien que souvent contestées, restent une réponse légitime à ces intrusions. L’opinion publique iranienne ne souhaite pas un retour à l’autoritarisme, mais une transition vers la démocratie et le respect des droits humains.