Yannick Neuder, ministre français chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, a entamé ce lundi une visite en Corse, focalisée sur le projet de construction d’un hôpital moderne à Bastia. Lors de sa visite, le ministre a inspecté les installations actuelles du SAMU et des urgences, soulignant un récent ajustement dans la gestion des patients. « La régulation a permis une diminution notable des passages journaliers aux urgences », a-t-il déclaré, insistant sur l’amélioration de la qualité des soins.
Cependant, le véritable objectif de cette visite était d’officialiser le projet du nouvel établissement hospitalier. Le ministre a confirmé que la ville de Bastia deviendra propriétaire des quinze hectares nécessaires pour sa construction avant la fin de l’année. « Les propriétaires fonciers sont désormais soumis à une procédure d’expropriation, et les négociations commenceront dès 2026 », a-t-il annoncé, évoquant un budget global estimé à environ 300 millions d’euros.
Les responsables du centre hospitalier, comme Christophe Arnould, ont accueilli ces annonces avec enthousiasme, soulignant la nécessité de moderniser les infrastructures. Michel Castellani, député local, a quant à lui insisté sur l’importance de ce projet pour le territoire. Cependant, des inquiétudes persistent du côté des propriétaires des terres concernés. « Nous approuvons l’hôpital, mais nous exigeons plus d’informations sur les modalités de la construction », ont-ils déclaré, exprimant leur méfiance face à une procédure opaque.
Le ministre a également mis en avant un autre axe : l’attractivité médicale de la Corse. « La création d’un centre d’enseignement pour les étudiants médecins renforcera notre capacité à attirer des professionnels », a-t-il affirmé, tout en soulignant la volonté d’accroître le nombre d’internes sur l’île.
Malgré ces promesses, certains experts restent sceptiques. « Dix ans pour reconstruire un hôpital est une période trop courte », a commenté Stéphane Gherardi, représentant des personnels soignants, soulignant les défis à relever dans les années à venir.
La suite de la visite du ministre inclura des rencontres avec d’autres acteurs locaux, mais le projet reste marqué par un mélange d’espérances et de incertitudes.