Les seniors confrontés à l’échec du marché de l’emploi en Haute-Corse

Dans un territoire marqué par une population vieillissante, les personnes âgées de plus de 50 ans se retrouvent souvent excluses des opportunités professionnelles malgré leur expérience. Selon les données locales, près de 20 % des demandeurs d’emploi appartiennent à ce groupe, un défi qui a mobilisé plusieurs acteurs locaux. Une matinée de discussions organisée par la DDETSPP, la CCI de Corse et d’autres partenaires a mis en lumière les difficultés rencontrées par ces travailleurs et les solutions potentielles.

Gaël Mordant-Desanti, représentant de la DDETSPP, souligne l’importance de valoriser les compétences des seniors tout en créant des conditions adaptées pour leur réinsertion. « Leur savoir-faire est un atout majeur, mais il faut également revoir les pratiques en entreprise pour satisfaire leurs attentes », explique-t-il.

Corsica Linea, entreprise locale, démontre une approche différente : 35 % de ses employés ont plus de 50 ans, et des postes techniques sont spécifiquement ouverts à des profils expérimentés. Agnès Llovera, directrice des ressources humaines, précise que l’entreprise intègre ces travailleurs dans des rôles stratégiques, souvent en accompagnant les plus jeunes. « Leur présence apporte une expertise et un soutien indispensable », affirme-t-elle.

Cependant, de nombreux seniors peinent à trouver une place. Michel Baudiment, 61 ans, relate son parcours difficile : après des centaines de candidatures, il n’a obtenu que deux entretiens. « Je ne comprends pas ce qui bloque. Est-ce mon âge ? », questionne-t-il.

Pour pallier ces obstacles, France Travail et d’autres organismes proposent des méthodes innovantes, comme des immersions en entreprise ou des évaluations basées sur les compétences plutôt que sur le CV. Virginie Baudouin, directrice territoriale de France Travail, insiste sur l’importance de combattre les préjugés : « Les seniors sont dynamiques et prêts à travailler ; il faut les percevoir autrement. »

Enfin, certaines entreprises suggèrent des adaptations comme la répartition des tâches ou un rôle de mentorat pour les plus expérimentés. Agnès Llovera souligne que ces profils acceptent souvent des salaires légèrement inférieurs au continent, une flexibilité qui pourrait bénéficier aux entreprises. « Leur engagement est précieux », conclut-elle.