Le débat autour d’un rapport contesté sur les réseaux criminels en Corse a connu un nouveau tour avec les déclarations de Jean-Toussaint Plasenzotti, représentant d’un collectif anti-mafia. Il réagit aux critiques formulées par Alexandre Farina, premier adjoint au maire d’Ajaccio, qui avait qualifié le document anonyme de « faux » et exprimé son désaccord avec l’approche des militants. Plasenzotti, en revanche, défend une position ferme : il accuse Farina de présenter des arguments « absurdes » et de minimiser les actions du mouvement anti-mafia.
Farina avait justifié son absence à une manifestation anti-mafia en soulignant un manque d’engagement populaire et une certaine distance par rapport aux figures qui y participaient. Plasenzotti, quant à lui, insiste sur l’importance de ces rassemblements, évoquant la participation de milliers de citoyens et des représentants institutionnels. Il souligne que les manifestations ont marqué un tournant avec une minute de silence pour les victimes du crime organisé, une première dans le contexte corse.
L’affrontement s’est aussi déroulé autour de la notion de « mafia ». Farina avait qualifié cette réalité d’« hypothétique », ce que Plasenzotti juge inacceptable. Il rappelle des statistiques choquantes : 17 élus assassinés en vingt ans, 12 entrepreneurs tués en dix ans, et des centaines de victimes sans justice. Selon lui, le mouvement anti-mafia a permis une prise de conscience collective et a influencé des politiques publiques, comme la création de cours anti-mafia à l’école ou la mise en place d’un parquet spécialisé.
Plasenzotti accuse le rapport contesté de viser à dénigrer les efforts du collectif, tout en soulignant que son organisation prévoit de porter plainte contre ceux qui y sont mentionnés. Il propose également à Farina de soutenir des initiatives concrètes pour lutter contre la criminalité organisée. La mobilisation anti-mafia reste donc active, avec une volonté d’implication citoyenne et institutionnelle.