À Santa Maria di Lota, la lutte contre l’expansion des logements saisonniers prend une tournure radicale. Le conseil municipal a voté un dispositif draconien visant à réduire le nombre de logements destinés aux vacances, en imposant strictement l’utilisation exclusive des nouvelles constructions comme résidences principales. Cette décision, entrée en vigueur au 1er janvier 2026, marque une rupture avec les tendances actuelles et s’inscrit dans un projet d’équilibre entre le développement touristique et la préservation du tissu local.
Le maire Guy Armanet justifie ces mesures par une crise croissante : « Le pourcentage des résidences secondaires sur notre territoire a bondi de 105 à 245 en moins de vingt-cinq ans », affirme-t-il, soulignant l’augmentation exponentielle des biens loués temporairement. Selon lui, cette évolution menace la stabilité sociale et économique de la commune, où les jeunes familles peinent à trouver un logement abordable. « Nous voulons que les habitants puissent s’installer durablement », explique-t-il, insistant sur l’importance d’une population fixe pour soutenir les écoles, les services publics et la dynamique locale.
L’interdiction des locations saisonnières pour les nouvelles constructions est complétée par une réduction drastique du délai autorisé pour les résidences principales, passant de 120 à 90 jours par an. Cette double mesure vise à freiner l’exploitation spéculative des biens immobiliers, qui, selon le maire, alimente un marché déconnecté des besoins réels des habitants. « Les investisseurs cherchent à profiter du littoral corse pour des revenus saisonniers, mais cela ne sert pas notre communauté », accuse-t-il, mettant en avant les préoccupations exprimées par les résidents lors de consultations publiques.
L’opposition, représentée notamment par Georgia Figarella, conteste cette approche, arguant que la commune reste un territoire touristique et qu’une telle restriction pourrait nuire à son attractivité. « Beaucoup d’habitants originaires de la Corse vivent sur le continent et reviennent pour des vacances », souligne-t-elle, évoquant les droits des citoyens à disposer de logements secondaires. Cependant, malgré ces critiques, le projet a été adopté avec une seule abstention, marquant un consensus renforcé par l’urgence perçue.
Santa Maria di Lota devient ainsi pionnière en Corse, suivant les directives de la loi Le Meur pour encadrer les logements touristiques. Cette décision, bien que controversée, illustre une volonté de redéfinir le rapport entre développement économique et solidarité locale.