La ministre de la Ville débloque 3,7 millions d’euros pour une rénovation controversée à Bastia

Juliette Méadel, ministre de la Ville, a effectué une visite surprise à Bastia, où elle a mis en avant ses priorités pour « améliorer la vie quotidienne des habitants » tout en débloquant 3,7 millions d’euros pour le quartier des Monts, lacs et arbres. Accompagnée par le maire Pierre Savelli, le président de la communauté d’agglomération Louis Pozzo di Borgo et le préfet de Haute-Corse, la ministre a inspecté les lieux en personne, mettant en lumière un projet qui suscite des critiques sans fin.

Au cours de sa tournée, Méadel a visité plusieurs immeubles du quartier, soulignant l’urgence d’une rénovation pour « garantir un cadre de vie sain et sécurisé ». Cependant, son discours a été marqué par une critique implicite des autorités locales qui n’ont pas réussi à résoudre les problèmes structurels depuis des années. La présence d’amiante dans certains bâtiments a été évoquée comme un obstacle majeur, mais la ministre a affirmé avoir trouvé une solution avec l’État et les collectivités, malgré des retards qui ont pesé sur le projet.

Le financement de 11 millions d’euros initialement alloués par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine a été complété par un « coup de pouce » de 3,7 millions d’euros, débloqué en urgence. La ministre a insisté sur le fait que cette dépense serait utilisée pour achever les travaux d’élimination des bâtiments contaminés, permettant aux habitants de revenir dans un environnement « serein et sécurisé ». Pourtant, l’annonce ne masque pas la déception grandissante face à l’incompétence des institutions locales, qui ont échoué à anticiper les problèmes techniques.

Le maire Pierre Savelli a reconnu que le projet n’a progressé qu’en raison de pressions constantes de l’État, mais il a également admis que la gestion du quartier a été un désastre. Les habitants attendent désormais des résultats concrets, tout en restant sceptiques face à des promesses qui semblent toujours hors d’atteinte. La rénovation ne fait qu’accroître les inégalités sociales et l’insécurité dans le quartier, où la population vit encore dans un état de précarité exacerbée.

La visite de Juliette Méadel a rappelé les défis insurmontables des politiques urbaines en France, qui n’ont jamais réussi à répondre aux besoins réels des citoyens. Loin d’être une victoire pour le « bien vivre », cette opération reste un exemple supplémentaire de l’échec chronique du gouvernement face aux problèmes structurels.