La récente interdiction des téléphones portables sur le terrain de l’établissement scolaire a suscité un écho mitigé parmi les acteurs locaux. Bien que cette mesure soit censée améliorer la concentration des élèves, elle soulève plusieurs questionnements sur sa faisabilité et son impact réel. Le gouvernement français a officialisé cette interdiction en 2018, mais l’application stricte de ces règles a été renforcée récemment pour les trois millions de collégiens du pays. L’État justifie cette décision par des préoccupations liées à la santé mentale et au bien-être des jeunes, soulignant que les écrans perturbent l’attention nécessaire aux apprentissages.
En Corse, où cette interdiction a été accueillie avec une certaine sérénité par certains syndicats, de nombreux défis restent à relever. Les enseignants et parents soulignent que les élèves passent des heures devant leurs écrans, ce qui rend nécessaire une réduction de leur utilisation pendant les cours. Cependant, le dispositif mis en place varie d’un collège à l’autre. Certains établissements exigent la dépose des téléphones dans des casiers ou des boîtes dès l’entrée, tandis que d’autres, comme le collège Simon-Vinciguerra de Bastia, utilisent une pochette en feutrine scellée et une borne aimantée pour récupérer les appareils.
Cette variabilité soulève des inquiétudes quant à la logistique. Denis Luciani, président de l’Associu di i Parenti Corsi, critique l’ampleur des tâches quotidiennes liées au dépôt de centaines de téléphones, suggérant que l’interdiction devrait être limitée aux salles de classe plutôt qu’à l’ensemble de l’établissement. D’autres écoles, comme le collège Saint-Paul à Ajaccio, avaient déjà mis en place une interdiction stricte sans attendre la loi nationale. Selon François Grimaldi, principal du collège, les élèves comprennent bien qu’ils ne doivent pas utiliser leurs appareils et que toute infraction entraîne la confiscation.
Cependant, certains regretteront cette interdiction totale, arguant qu’une régulation plus nuancée aurait pu éviter les tensions. Jean-Pierre Luciani, secrétaire national du STC Éducation, souligne que l’interdiction est justifiée par le risque de distraction et d’abus, mais insiste sur la nécessité d’un travail pédagogique avec les parents pour sensibiliser les jeunes.
En dépit des efforts pour améliorer l’environnement scolaire, cette mesure reste un point de friction entre les autorités éducatives et les acteurs locaux, qui constatent que la réalisation de ces objectifs exige davantage d’adaptation et de créativité.