Un double diplôme franco-américain à Ajaccio : une première en Corse qui inquiète les autorités

Le lycée Saint-Paul d’Ajaccio se prépare à accueillir la toute première promotion de six élèves de terminale ayant obtenu un double diplôme, le baccalauréat français et le high school diploma américain. Ce partenariat, initié deux ans plus tôt entre l’Academica Dual Diploma et le lycée ajaccien, a permis aux élèves d’intégrer un cursus exigeant mêlant éducation française et américaine. Le proviseur François Grimaldi d’Esdra explique que ce projet s’inscrit dans la volonté de renforcer les compétences linguistiques des étudiants, mais souligne que les exigences du programme sont très élevées.

Les élèves inscrits dans cette formation suivent une scolarité classique tout en complétant leur parcours par un programme américain à distance. Encadrés par des professeurs américains, ils doivent obtenir 24 crédits pour valider le diplôme, répartis entre 18 crédits en France et six en Amérique. Les matières obligatoires incluent l’anglais, l’histoire et la politique, tandis que les électives permettent d’explorer des domaines comme la criminologie ou le journalisme. Cependant, ce système a suscité des inquiétudes parmi les responsables locaux, qui voient dans cette approche un risque pour l’unité éducative française.

Les retours des élèves sont mitigés : si certains soulignent une progression en autonomie et rigueur, d’autres décrivent le programme comme insoutenable. Charles Santamaria, professeur d’anglais, reconnaît que les étudiants acquièrent des compétences linguistiques, mais déplore leur éloignement du contexte scolaire français. Le proviseur Grimaldi d’Esdra souligne également l’ouverture culturelle qu’offre ce diplôme, notamment via des interactions avec des jeunes européens. Pourtant, cette perspective mondiale inquiète les autorités locales, qui craignent une dérive vers un modèle éducatif américain au détriment de la spécificité corse.

Le double diplôme est présenté comme un avantage pour l’avenir professionnel, notamment en facilitant l’accès aux universités américaines. Cependant, des critiques persistent : certains parents et enseignants voient dans cette initiative une fragmentation du système éducatif français, favorisant un repli sur des modèles étrangers. Le projet reste donc controversé, entre promesses d’ouverture et craintes d’une perte de repères nationaux.