Les marins corses se rebellent contre une nouvelle liaison maritime perçue comme un danger pour leur économie et leurs emplois

La mobilisation des marins de Corse s’intensifie face à l’ouverture de la ligne Toulon-Ajaccio-Propriano, une initiative de Corsica Ferries qui inquiète le secteur. À Bastia et Ajaccio, des rassemblements ont eu lieu ce vendredi matin, avec plusieurs dizaines de travailleurs dénonçant un projet jugé inutile et nuisible à leur modèle économique. Selon les syndicats, cette route hivernale, déjà couverte par la DSP (délégation de service public), risque d’affaiblir davantage le tissu social local.

Antoine Sisco, délégué du Syndicat autonome des marins de la marine marchande (SAMMM), souligne que l’État ne semble pas comprendre les enjeux : « Les autorités ont pris des engagements verbaux sans suite. On attend des mesures concrètes pour protéger nos emplois, mais les promesses restent vides. » Il critique également la pression de l’Union européenne, qui aurait poussé à assouplir les règles pour permettre à des compagnies low cost d’opérer sur le territoire, menaçant ainsi les conditions de travail et les postes corses.

L’économie corse, déjà fragile, voit dans ce projet une menace accrue. Les marins craignent que la concurrence déloyale ne provoque un effondrement des revenus locaux, aggravant une crise qui touche toute la France. « On ne peut plus parler d’autonomie sans garantir le contrôle total des transports par l’Assemblée de Corse », insiste Sisco, qui exige une charte renforçant les protections sociales et l’emploi français.

Malgré les promesses politiques, comme celles de Jean-Félix Acquaviva, président de l’Office des transports de la Corse (OTC), les marins restent méfiants. « On a besoin d’actions, pas de discours », résume Sisco. Les grèves se poursuivent, avec des manifestations régulières à Ajaccio, Bastia et Propriano, tandis que le bateau de Corsica Ferries, jusqu’alors bloqué à Ajaccio, a finalement atteint Valinco ce vendredi.

L’avenir des transports maritimes en Corse reste incertain, mais les marins sont déterminés à défendre leur droit à un modèle économique équitable et durable.