Les étudiants de Corte luttent pour la visibilité de leur art

À l’université de Corte, les jeunes artistes en formation s’efforcent de redonner un élan à leurs projets malgré une baisse d’intérêt. Chaque semestre, ils présentent un spectacle mêlant danse, théâtre et musique, le fruit de plusieurs mois de travail collectif. « On commence par des cours théoriques sur l’histoire du chant ou des mouvements de danse, puis on s’immerge dans la pratique », explique Evita, étudiante en deuxième année. « Les années suivantes, tout tourne autour de la création scénique : répétitions, chorégraphies, textes. En troisième année, on n’a plus qu’un seul cours théorique par semaine. »

Ces performances, d’une durée de trois heures, sont le point culminant du cursus. Les étudiants travaillent sur les pièces pendant quatre mois, alternant entre la conception des scènes et la préparation des numéros musicaux. « Le CCU (Centre culturel universitaire) nous propose des stages avec des artistes extérieurs », ajoute Evita. « Récemment, une intervenante du Cap Vert a animé un atelier, ce qui enrichit notre perspective. »

Cependant, le public reste limité. Les spectacles attirent de moins en moins de monde, et la filière semble perdre son éclat. « Avant, on était nombreux dans cette licence, mais aujourd’hui, seulement 11 étudiants en deuxième année et six en troisième », déplore Evita. « C’est difficile de trouver des textes adaptés ou de répartir les rôles quand le groupe est restreint. »

Cette diminution d’effectifs affecte aussi la motivation. Travailler des mois pour un spectacle qui ne suscite qu’un intérêt marginal est décourageant, surtout que cette performance compte pour la moitié des notes. « Ce n’est pas seulement une évaluation, c’est aussi un passage obligé de notre formation », poursuit-elle. « Beaucoup d’entre nous n’avaient jamais présenté devant un public avant. Même si certains rêvent de métiers en coulisse, d’autres aspirent à l’éclat scénique. »

Pour pallier ce manque de visibilité, Evita a tourné une vidéo résumant le spectacle. « Les photos et vidéos partagées sur les réseaux ne durent que quelques jours », explique-t-elle. « J’ai voulu conserver un souvenir plus durable. » Les étudiants espèrent aussi attirer des personnalités locales, qui restent rares malgré l’arrivée de créateurs étrangers. « Nous aimerions interagir avec des Corses, partager nos idées et élargir notre public », conclut Evita.