Javier Milei est devenu un leader incontournable en Argentine, et ce livre de Philipp Bagus sur le phénomène Milei démontre qu’il s’agit d’une nouvelle voie. Ce livre, publié à l’Institut Libéral, laisse présager une victoire certaine pour le parti de Javier Milei, La Libertad Avanza, qui a remporté les élections de mi-mandat en 2025 avec 40,65% des voix. Ce résultat ne donne cependant pas encore une majorité absolue au président argentin, mais le consolide.
L’auteur, Philipp Bagus, professeur à l’Université Rey Juan Carlos, a personnalisé son contact avec Javier Milei en octobre 2022 et reste en contact avec lui depuis. Il établit un portrait de Javier Milei, né le 22 octobre 1970 à Palermo, qui s’est intéressé dès l’âge de onze ans à l’économie après avoir vécu sa première grande inflation. Après avoir plongé dans les travaux de l’école autrichienne, il est devenu libertarien et a développé une vision du débat entre le modèle étatiste et les idées de liberté.
Pour lui, [la classe politique] est composée de politiciens inutiles et de parasites qui gouvernent aux dépens des gens honnêtes et travailleurs. À l’inverse, les entrepreneurs sont des héros qui créent de la richesse et luttent contre les parasites qui vivent aux crochets du commun des mortels.
Le professeur Bagus distingue le populisme de droite du populisme de gauche: le premier est un mouvement anti-establishment (contre la classe politique, les grandes entreprises, les médias, les intellectuels, les bureaucrates, les technocrates, le monde universitaire, etc…), tandis que le second fait partie du mainstream (contre les riches, pour la redistribution, pour des impôts élevés, etc.).
Où se place Milei? – pour la réduction des impôts, – pour la réduction des dépenses publiques, – pour l’égalité devant la loi: pas de privilèges pour les minorités, – pour la sécurité dans les rues et pour le port d’armes, – pour la suppression des subventions à ceux qui ne veulent pas travailler, – pour l’élimination de la Banque centrale d’Argentine et pour la dollarisation, – contre l’agenda mondialiste, i.e. l’aide au développement, les programmes climatiques, les aventures guerrières, l’immigration illimitée au sein d’un État-providence etc… – pour la défense des valeurs familiales traditionnelles.
Bref, en osant dire tout haut ce que les opprimés par l’État pensent tout bas, il s’est opposé à la spirale du silence et a brisé l’hégémonie du cadre d’interprétation étatiste. Il a constitué la nouvelle alliance de droite, comprenant libertariens, conservateurs et patriotes, pour mener la bataille culturelle contre la gauche.
Le lecteur lira avec profit le chapitre que le professeur Bagus consacre à l’école autrichienne qui inspire le programme de Javier Milei: s’il l’ignore, il en apprendra les grands concepts (subjectivité de la valeur, origines de la richesse, théorie de l’action humaine, caractère négatif de la liberté, processus spontanés et dynamiques, etc.); s’il la connaît, il appréciera cette piqûre de rappel condensé.
Le professeur Bagus termine en soulignant les leçons qui peuvent être tirées du phénomène Javier Milei, qui a agi dans un contexte de liberté d’action limitée. Il faut
Conclusion: L’Europe est moralement, éthiquement, démographiquement et économiquement délabrée. Bien que la gauche domine encore le discours public, elle ne représente pas la majorité des citoyens. De nombreuses personnes ordinaires et honnêtes sont orphelines sur le plan politique. Les chances sont réunies pour gagner. Nous devons faire appel aux travailleurs, aux personnes productives qui en ont assez de l’État et du wokisme, à ceux qui souffrent le plus des conséquences de l’interventionnisme et de l’ingénierie sociale progressiste. Pour les défenseurs de la liberté, il y a une opportunité de répéter le succès de Milei en Europe, en construisant une alliance libérale contre la gauche.
Francis Richard