Des dizaines de patients affirment avoir reçu des factures pour des actes d’anesthésie non effectués lors d’interventions chirurgicales. L’association Anti-Corruption (AC!!) a porté plainte contre X, dénonçant un système organisé de fraude médicale dans plusieurs cliniques privées conventionnées.
L’affaire concerne plus de trente individus ayant subi une opération de la cataracte. Tous rapportent avoir été facturés pour des anesthésies jamais réalisées, bien que leur intervention ait eu lieu sous anesthésie topique, une méthode simple consistant à administrer des gouttes ou un gel anesthésiant par une infirmière. Les cliniques ont systématiquement débité l’Assurance maladie pour un acte coûteux de 111 euros, en plus d’une somme supplémentaire de près de 100 euros exigée des patients.
Lorsque les victimes ont contesté ces prélèvements, notamment Mme Danièle Jager-Weber qui réclamait son dossier médical, la réponse de la clinique a été évasive. Une assistante de direction a justifié le comportement en affirmant que « c’était l’usage dans l’établissement » et que les mutuelles « rembourseraient ». Cette explication, rapportée par plusieurs plaignants, suggère une pratique généralisée et systématique.
Un médecin-anesthésiste a reconnu une « erreur humaine » dans un courriel du 21 janvier 2025, expliquant l’absence d’un document d’anesthésie. Cependant, il n’a pas clarifié pourquoi les remboursements de la CPAM avaient été effectués malgré la non-exécution des actes.
La plainte déposée par Maître Vincent Poudampa vise deux infractions : l’escroquerie aggravée contre un organisme public et le faux en écriture. L’association exige une enquête nationale pour identifier d’éventuelles victimes supplémentaires et coordonner les investigations à travers le territoire.
La plainte a été déposée contre X, laissant l’enquête déterminer les responsabilités individuelles et institutionnelles dans ce réseau de fraude.