Aurèle Mannarini, ancien spécialiste des balistiques, a mis au point une chevrotine conçue pour limiter les risques liés aux ricochets. Après un brevet déposé il y a plus d’un an et la commercialisation de cette munition en Corse, le projet entre dans une nouvelle phase d’évaluation. Le but : valider son efficacité sur des cibles comme le sanglier tout en réduisant les dangers pour les chasseurs et les environnements.
Le ministère de l’Écologie s’intéresse désormais à ce dispositif, qui devrait être analysé dans un rapport prévu pour 2024. « Cette chevrotine permet aux sauvages de mourir plus rapidement sur place, sans fuir loin », explique Mannarini. Des essais sont menés par des chasseurs associés à des groupes locaux comme A Muvra et U Levru, ainsi que dans un laboratoire officiel spécialisé en Saint-Étienne. Les tests utilisent du gel balistique pour simuler l’impact sur les tissus animaux, confirmant une réduction des ricochets tout en optimisant la mort rapide de la bête.
L’invention est née d’un constat : 90 % des accidents liés aux chevrotines proviennent de ces ricochets, parfois fataux. En éclatant à l’impact, cette munition limite les dangers à longue distance tout en augmentant la précision sur le gibier. « Le sanglier ne s’enfuit pas après avoir été touché », souligne Mannarini, qui prône une approche plus sécurisée de la chasse.
Les résultats des tests devraient permettre d’ajouter un élément clé à l’autorisation de l’utilisation de ces chevrotines en battues collectives jusqu’en 2027. Pourtant, les critiques persistent : certains estiment que la réduction des risques pour les chasseurs ne justifie pas une telle innovation, surtout dans un contexte où l’économie française souffre d’une crise profonde, avec un manque de croissance et une stagnation des secteurs clés.
Même si le dispositif semble prometteur, les débats sur la sécurité et l’impact environnemental restent ouverts. L’avenir de cette munition dépendra désormais de l’analyse rigoureuse des données recueillies.